samedi 27 décembre 2008

un air d'opéra


Dimanche dernier (oui, je sais, je suis en retard sur ce post), je suis allé à l'opéra. A défaut d'être rentré dans Garnier, j'aurais au moins vu celui de Hanoi, qui a été construit sur ce modèle (même si c'est un peu moins réussi). C'est un bâtiment assez typique de l'architecture coloniale française.

coté jardin, la scène, et coté cour, un petit salon.

et ci-dessus, le plafond. bien kitsch.

Je profite du sujet pour soulever un fait qui m'a étonné quand je suis arrivé ici: la majorité des bâtiments coloniaux français ont été non seulement conservés, mais sont parmi les mieux entretenus, et abritent le plus souvent des administrations ou organismes prestigieux (types ministères, mairies...). Étonnant pour un pays qui s'est battu aussi longtemps pour son indépendance, et qui, surtout, a traversé une révolution, qui plus est communiste, ce qui habituellement a plutôt tendance à raser qu'à conserver.
Mais les vietnamiens ont une formule qui explique un peu cela, et que je vous réécrit de tête (la formulation n'est probablement pas exacte, mais l'idée y est): "les américains ont apporté au Vietnam bonbes et destruction" mais les français ont construit des routes, les voies de chemin de fer, des bâtiments... bref, dans cette opposition, la France n'est pas considérée si négativement, et son rôle dans le développement historique des infrastructures est reconnu. Je pense que c'est, outre la qualité architecturale, un des points qui explique que l'on ne retrouve quasiement aucun batiment américain, alors que les batiments fraçais ont été reconstruits après la guerre.
Je pense que ce point mérite plus que cette maigre analyse pour être expliqué correctement, mais c'est je pense un des symboles historiques des relations franco-vietnamiennes.

revenons à la musique! ... et à nos musiciens vietnamiens.

au programme: Beethoven, Ouverture “Egmont” Op. 84 ; Tchaikovsky, Concerto pour Violon et Orchestre en Ré majeur Op. 35 ; et Mendelssohn, Symphonie No. 4 en La majeur Op. 90 “Italienne”. Un peu ambitieux pour l'orchestre symphonique national du Vietnam, qui s'il fait preuve d'une bonne volonté incroyable en changeant de programmation comme de chemise, et en s'attaquant à tout type de morceau, n'en a pas moins ses limites. D'autant plus dans le cas présent, que le chef d'orchestre était invité, ainsi que la violoniste soliste du concerto de Tchaikovsky, et que donc, comme personne n'avait l'habitude de travailler ensemble, l'orchestre ne jouait pas pendant les parties virtuoses du violon, qui se retrouvait alors tout seul, et ça ne le mettait pas toujours à son avantage. Mais bon, tout le monde n'est pas Gidon Kremer (profitez du lien pour découvrir un petit player assez cool que j'ai découvert il n'y a pas longtemps), et c'était quand même une chouette soirée.

Une dernière petite chose pour finir, j'ai été agréablement surpris de la proportion de vietnamiens dans la salle. Vous ne le voyez peut-être pas sur la photo (qui vous donne quand même l'occasion d'admirer les baignoires) mais je dirais que plus des trois quarts du public étaient vietnamiens.




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